
Photo gracieuseté de Citroën
L’ESP est méconnu des vendeurs automobiles européens
Une enquête menée par 18 Automobile Clubs de 17 pays européens révèle que les distributeurs connaissent mal les équipements de sécurité des véhicules qu’ils vendent et en font, par conséquent, très peu la promotion. Un manque de formation qui freinerait notamment le développement de l’ESP.
L’enquête menée par l’institut de recherche IKM, pour les Automobile Clubs européens a été réalisée entre février et mars dans dix pays européens : Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Espagne, République Tchèque, Slovénie et Royaume-Uni. Dans chaque pays, plusieurs sites des réseaux de 10 constructeurs* ont été visités par des clients mystères dotés de 16 questions ciblées sur les équipements de sécurité et l’ESP en particulier. A partir des réponses fournies par les vendeurs, chaque point de vente a été noté sur quatre critères : le niveau de connaissance des vendeurs sur l’ESP, sur les équipements de sécurité en général, leur capacité à recommander l’ESP à leurs clients et enfin sur la mise à disposition d’informations sur l’ESP dans la concession (brochures,etc.)
L’enquête se centrant principalement sur la “promotion de l’ESP” auprès des automobilistes, des coefficients différents ont été appliqués à chaque critère dans la note globale. Les deux plus importants (45% de la note chacun) sont le niveau de connaissance des vendeurs sur l’ESP et sur leur capacité à inciter les clients à s’en équiper. Les deux autres critères comptaient à hauteur de 10% dans la note globale (5% chacun).
Volkswagen, le moins “mauvais”
Dans tous les réseaux, les vendeurs concentrent principalement leur argumentation sur les équipements de confort du véhicule, son prix ou sa consommation mais mettent peu en avant les équipements de sécurité. Est-ce un argument trop peu vendeur ? Il semblerait que ce soit d’abord dû à un manque de connaissances des vendeurs. Ainsi, par exemple, en France, “pas un seul vendeur n’a été capable de dire si l’ESP a un impact sur la consommation de carburant” et “seul un vendeur sur huit a mis l’accent sur la sécurité”.
Aussi, pas un seul réseau ne se démarque véritablement des autres par sa capacité à promouvoir l’ESP et les équipements de sécurité auprès de ses clients. On note en effet une dramatique harmonie dans l’intérêt que porte les réseaux aux questions de sécurité. Volkswagen, qui arrive en tête du classement, est la seule marque dont le réseau obtient une note jugée “acceptable”, avec une moyenne de 51,4 points sur 100. Tous les autres obtiennent des résultats “insuffisants” avec des notes oscillant entre 49,6 points pour Renault et 40,5 points pour Mazda. Le plus mauvais élève est le réseau Citroën qui est le seul à obtenir une note inférieure à 40 points (37,5 points).
On peut regretter que Volvo, qui a construit son image de marque sur la sécurité, ne figure pas dans l’étude. Cela aurait peut-être permis de savoir si ces résultats pouvaient être mis en lien avec les valeurs défendues par une marque.
La France et l’Italie en bas du classement
En revanche, cette harmonie au sein des marques est moins frappante si l’on compare les résultats par pays. Il y a ainsi un écart de près de 28 points entre l’Allemagne (62 points), où les vendeurs sont les mieux informés sur l’ESP, et l’Italie, où seulement un vendeur sur 4 cite l’ESP comme critère de sécurité (34,4 points). L’Italie est toutefois à peine devancée par la France qui échappe à la dernière place avec 34,7 points. Ces deux pays, qui après l’Allemagne, sont les principaux marchés automobiles européens, sont loin derrière la République Tchèque (2ème) et la Slovénie (3ème ).
“L’ESP est un système de sécurité primordial, qui peut réduire jusqu’à 80% le risque d’accident, et doit absolument se généraliser en Europe”, souligne l’Automobile club. Au vue des résultats de cette enquête, l’association suggère donc que “les vendeurs de véhicules reçoivent une formation sur l’ESP afin qu’ils prennent conscience de l’utilité de ce système et qu’ils puissent le conseiller à leurs futurs clients”, note un communiqué de l’association. Ce “problème” pourrait toutefois se régler en partie si la proposition de règlement de la Commission européenne obligeant les constructeurs à équiper de série leurs véhicules de l’ESP (sur toutes les nouvelles séries à compter de 2012 et sur toutes les nouvelles voitures en 2014) était adopté.
Encore en option sur la majorité des véhicules, et notamment sur les véhicules à plus forts volumes (les citadines), le prix de l’ESP peut également pousser les vendeurs à ne pas le recommander à ses clients. Selon les prix relevés par l’ADAC, l’ESP peut coûter jusque 808 € sur une Polo Volkswagen vendue en France (contre 420 € en Allemagne) ou encore 750 € sur une Opel Corsa vendue aux Pays-Bas (contre 360 € Allemagne). Les écarts de prix pratiqués dans les différents pays européens pourraient d’ailleurs expliquer en partie les différences d’approche de l’ESP par pays relevées dans l’enquête. Aussi, pour encourager le déploiement de l’ESP, l’Automobile Club demande une uniformisation des prix à travers l’Europe.
Emilie Binois
(*) : Citroën, Fiat, Ford, Honda, Mazda, Opel, Peugeot, Renault, Toyota et Volkswagen.
Source via Autoactu.com


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